Publié le 27 juillet 2015

En tant que membre d’Alsace e-santé, le centre hospitalier de Wissembourg collabore activement à plusieurs projets régionaux : Simral, le ROR et le DMP. Céline Dugast, directrice d’établissement témoigne.

Quel est l'interêt, pour votre établissement, de participer à ces projets de santé numérique ?

«Pour moi, l’intérêt majeur de ces trois dossiers, que ce soit le ROR, le DMP ou Simral, c’est l’innovation qu’ils apportent en termes de méthode de travail, en permettant le partage de l’information. Ils favorisent le lien avec les professionnels de santé de ville, ce qui est indispensable pour un établissement de proximité comme le nôtre. Si l’on se contente de mettre en place de nouvelles technologies, cela ne fonctionnera pas. Il faut également repenser nos modes d’organisation.C’est la partie la plus passionnante. Cela nécessite d’échanger ensemble – médecins, soignants, personnel administratif – sur nos outils et la manière de faire mieux. Cela nous oblige à travailler sur la performance de nos activités. Et quand on est établissement pilote, obligation nous est faite de discuter pour résoudre les problèmes. L’impact sur l’organisation apparaît dès le démarrage du projet. 

En quoi SIMRAL ou le DMP ont eu un impact sur notre organisation ?

Simral a mobilisé énormément de personnes de l’établissement. Il fallait répondre à une question fondamentale: où ai-je besoin de voir une radio, un scanner ? Cela n’a pas été simple. On touche au cœur de l’organisation, puisqu’il faut concilier l’intérêt médical, les contraintes économiques, les impératifs techniques. Le ROR a nécessité qu’on formalise, qu’on conceptualise notre prise en charge, jusqu’au geste technique. Le professionnel de santé connaîtra exactement le détail de la prise en charge. Il pourra orienter au mieux son patient et lui expliquer exactement ce qui l’attend. Enfin, le DMP a contribué à repositionner de manière forte le service des admissions dans son rôle d’information du patient. C’est notre porte d’entrée et de sortie.

Vous avez également essayé de développer la télémédecine.

Oui. Nous étions pilote dans le cadre de l’expérimentation régionale de télémédecine, avec notre Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de Woerth. Nous n’avons pas réussi à développer ce projet comme nous l’espérions, à lui donner toute l’ampleur escomptée. Alors nous avons décidé de nous retirer, de rendre l’équipement pour qu’il profite à d’autres. Même quand on est pilote et motivé, on n’y arrive pas toujours. Cela a été une leçon. Il faut réussir à relayer cette ambition sur le terrain.

Comment faites-vous pour mobiliser les équipes ?

Accompagner le changement dans un contexte de contraintes budgétaires fortes,c’est compliqué. On demande aux équipes d’ajouter une mission à tout ce qu’elles font déjà d’habitude. Mais l’envie d’être parmi les pionniers, de contribuer à la modernisation nous mobilise. On porte dans nos gênes la volonté de s’améliorer en continu. Je veille aussi à ce que le projet apporte une plus-value : il doit être gagnant-gagnant. Par exemple, j’ai insisté sur la visibilité que le ROR apportera à notre établissement. Une visibilité qui a vocation à s’étendre à la médecine de ville. De manière générale, l’enjeu pour le centre hospitalier de Wissembourg est de se démarquer. Nous mettons en avant plusieurs arguments, par exemple, en matière de ressources humaines, notre démarche liée aux parcours professionnels. Participer à des projets innovants, c’est aussi une question d’image de marque: on renforce notre position d’hôpital de proximité à la pointe de son environnement. En plus, nous avons la chance d’avoir une équipe SI (Système d’information) très dynamique: il faut des projets pour la faire vivre, la motiver. Cette équipe est d’ailleurs toujours très investie pour participer aux groupes de travail ou comités de pilotage d’Alsace e-santé: elle y trouve un lieu d’échange professionnel, une coordination fluide et sans hiérarchisation.»