Publié le 16 décembre 2014
Christian Fischer

Christian Fischer, directeur de l’autonomie du conseil général du Haut-Rhin

Le conseil général du Haut-Rhin a contribué activement à la naissance de Via Trajectoire en Ehpad dans la région Alsace. Il s’investit fortement pour le système d’orientation Personnes handicapées (SO-PH). Rencontre avec Christian Fischer, directeur de l’autonomie du CG du Haut-Rhin, promoteur convaincu de ces nouveaux outils. 

Pourquoi un tel intérêt pour l’e-santé ? 

Pour nous, conseils généraux, l’apport de l’e-santé est précieux. Dans le secteur du handicap et des personnes âgées, on a besoin de travailler autour du parcours de santé. Or qui dit parcours, dit partage d’information et donc systèmes d’information partagés. Alsace e-santé est le levier idéal pour porter des projets à l’interface entre le sanitaire et le médico-social. Il joue l’intermédiaire entre les trois instances : les conseils généraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, et l’ARS Alsace. Il apporte une expertise en e-santé qui est reconnue : le GCS est une référence dans ce champ-là. On est rassuré sur le portage du dossier, il sera mené à bien dans les délais impartis.

Quel est l’enjeu, pour les conseils généraux, d’outils d’orientation des personnes âgées et des personnes handicapées ?

« Cela fait très longtemps que les conseils généraux essaient de sortir du brouillard dans lequel ils sont aujourd’hui. Avec l’ARS Alsace, nous avons donné la priorité au maintien à domicile, car c’est le souhait des personnes concernées. Pourtant l’hébergement continue de représenter près de deux tiers des budgets sociaux des secteurs Personnes âgées (62%) et Personnes handicapées (65%) attribuées par le Conseil général du Haut-Rhin. On a donc l’obligation forte de piloter au mieux ces deux postes de dépenses : quel hébergement pour demain ? Où géographiquement ? Pour quelle population ? Or les indicateurs dont nous disposons ne sont pas suffisamment robustes  et fiables  pour éclairer nos choix. Quand on met en face les millions d’euros dépensés, ce n’est pas admissible. Avec ces outils, nous nous mettons aussi en ordre de bataille pour la nouvelle responsabilité que nous a confié la loi Hôpital Patient Santé Territoire en 2009 : ce sont désormais aux autorités publiques de lancer les appels à projet pour réaliser des équipements et des services en réponse aux besoins mesurés. »

Que va changer Via Trajectoire en Ehpad ?

« Il y a une nouveauté qui mérite d’être soulignée : on ouvre le dossier en ligne au public, aux familles. Le passage entre le domicile et l’établissement est particulièrement difficile pour des raisons humaines. Il ne doit pas l’être rendu plus encore pour des raisons administratives. Notre but est d’alléger le fardeau des aidants grâce à un dossier plus facile, plus lisible, plus accessible. L’outil numérique ne contraint pas le choix : c’est l’usager qui reste maître de sa décision. C’est tout de même le choix de son dernier domicile. »    

Quel changement apportera le système d’orientation PH ?

« Les orientations en établissement  sont décidées  par la Maison départementale des personnes handicapées, mais aujourd’hui les retours sont partiels. On ignore si la personne est finalement accueillie dans l’établissement indiqué. Demain, grâce au nouveau système d’orientation, il y aura une totale transparence entre l’établissement et la MDPH. Les flux seront connus en temps réel, ce qui permettra de gérer les situations d’urgence et de mieux réguler.  Cela nous permettra de progresser dans notre mission d’observation pour mieux connaître la demande et mieux adapter l’offre. Cela fait 10 ans qu’acteurs associatifs et financeurs attendaient un outil comme celui-là! On en rêvait, on est maintenant en train de le réaliser. Rendez-vous en 2016 ! »