Publié le 16 avril 2012
Pierre Wesner

Pierre Wesner. Directeur du Centre Hospitalier de Rouffach

Pourquoi avez-vous choisi de déployer le DMP ?

C’était une évidence : notre établissement est inscrit depuis longtemps dans une démarche de qualité et de sécurité des soins. De plus, nous avons toujours eu le souci de la bonne utilisation de l’argent de l’Assurance maladie qui

au final est celui de chaque contribuable. Enfin, nous sommes partisans de tout ce qui permet la mutualisation des ressources. Le DMP est un outil qui, bien utilisé par les professionnels de santé, va à la fois permettre une meilleure qualité de prise en charge, garantir un maximum de sécurité des soins grâce à la connaissance des antécédents, et éviter des redondances habituelles d’examens et de prescriptions. Ceci représentera des économies substantielles pour l’Assurance maladie dans les années à venir. C’est un bon outil de santé publique !

Quel est votre calendrier ?

Nous avons entamé la démarche en avril 2011 en mettant le déploiement du DMP au programme du service informatique. Nous avons ensuite été retenus parmi les 33 établissements sélectionnés dans l’appel à projet de l’ASIP Santé. Notre logiciel a été agréé DMP compatible en décembre 2011. Le premier DMP a été créé tout début janvier. Notre objectif : atteindre les 240 dossiers créés d’ici mai. Cela passe par la formation et l’information des soignants et du personnel administratif, ainsi que par le déploiement des cartes professionnelles de santé dans les structures extérieures : consultations externes, hôpitaux de jour, etc.

Quelles sont les particularités liées à votre spécialisation en psychiatrie ?

Ici, c’est le médecin qui informe le patient de l’intérêt du DMP et recueille son consentement . En effet, il est le seul qui puisse apprécier si le patient est en mesure de donner son consentement libre et éclairé. Autre particularité : il ne figurera, dans les documents que nous déposerons dans le DMP, aucune information précise sur la pathologie psychiatrique, mais dans un premier temps uniquement les informations essentielles à la continuité des soins, à savoir le dernier traitement prescrit et les coordonnées du service de prise en charge du patient. C’est au patient que revient la liberté d’informer ses médecins de son diagnostic psychiatrique. Courant 2012, l’alimentation du DMP évoluera et intégrera de nouvelles informations nécessaires à la prise en charge du patient et au suivi par les professionnels de santé extérieurs.