Publié le 23 mars 2012

Mélanie Viatoux, directrice adjointe en charge de l'activité, des finances et système d'information au Centre Hospitalier de Haguenau, revient sur le Dossier Médical Personnel, un an après son lancement au Centre Hospitalier de Haguenau.

Quand votre établissement a-t-il commencé les créations et les alimentations de DMP ?

Le Centre hospitalier de Haguenau s’est engagé en juin 2011 dans le DMP, érigé en priorité stratégique par le Directoire. Un comité de pilotage composé de médecins cliniciens, DIM, soignants, secrétaires médicales, responsables des secteurs d’admissions et informatiques s’est constitué.

Dès septembre 2011, l’établissement a proposé la création du DMP à ses patients, au service des Admissions. Après une phase d’adaptations techniques et organisationnelles, les DMP ont commencé à être alimentés en mars 2012. Ainsi, le nombre de patients créant leur DMP au Centre Hospitalier de Haguenau et le nombre de documents de santé déposés s’accroissent régulièrement.

 

Un an après, comment le DMP est-il perçu par les médecins, les admissionistes et les patients ? 

Les patients perçoivent le DMP positivement. Certains sont enthousiasmés par cet outil qui contribue à leur permettre d’être acteur de leur santé. La plupart y voient un moyen de faciliter la transmission d’informations entre leur médecin traitant, leurs spécialistes le cas échéant, et l’hôpital. Par ailleurs, les patients qui demandent leur DMP sont confiants sur le caractère sécurisé du dispositif.

Les admissionnistes proposent désormais systématiquement la création du DMP aux patients qui se présentent. Après avoir donné les explications nécessaires pour comprendre ce qu’est un DMP, elles le créent en quelques clics, sur accord du patient. Cette étape est désormais intégrée dans le processus d’admission.

Les médecins s’intéressent au DMP. C’est un sujet qui est largement abordé au sein de l’établissement. Ils ont défini un socle minimum de documents médicaux qu’il leur semble pertinent de verser au DMP : les comptes rendus d’hospitalisation et de consultation, les comptes rendus opératoire et d’examens complémentaires.  D’autres documents peuvent être ajoutés le cas échéant : ordonnances, certificats d’hospitalisation… Chaque secteur clinique a déterminé sa stratégie en fonction de ses spécificités et alimente le DMP automatiquement ou au cas par cas régulièrement. Il est à noter une implication forte des secrétaires médicales dans la mise en œuvre de cette alimentation.

Ainsi, progressivement, au fur et à mesure des évolutions techniques et de l’appropriation du dispositif par les professionnels de l’hôpital, le DMP est enrichi par de nouveaux documents de santé. Le DMP se construit pas à pas sur des bases solides. Il requiert de la concertation. Il enrichit les réflexions internes autour de la transmission de l’information médicale.

 

Quels sont les bénéfices concrets que vous en tirez à l'échelle de votre établissement ?

Proposer le DMP au sein de l’établissement est un service supplémentaire, moderne, que nous offrons à nos patients. Ainsi, nous affirmons la priorité que nous donnons à l’amélioration continue de la qualité et de la coordination des soins entre les différents professionnels qui prennent en charge les patients.

En outre, nous pensons que le DMP peut être, à terme, un outil d’efficience du système de santé. Notre participation à ce projet d’ampleur a également permis à l’établissement de renforcer ses liens avec les autres établissements partenaires, les représentants des médecins libéraux et la maîtrise d’ouvrage régionale Alsace e-santé. Cette expérience renforce enfin notre expertise en matière de projets d’e-santé au bénéfice des professionnels et des patients.

 

Qu'attendez-vous du DMP ?

Pour l’avenir, nous attendons que les professionnels du territoire de santé, qu’ils soient établissements sanitaires ou médico-sociaux, professionnels médicaux et paramédicaux libéraux ou réseaux, utilisent de plus en plus le DMP, afin qu’il puisse véritablement jouer son rôle en matière de coordination des soins et que les « usages » se développent.

Les prochaines étapes seront de verser au DMP la biologie, les comptes rendus d’imagerie et de passage aux urgences, d’accéder aux données de santé transmises par les partenaires libéraux via le DMP et d’utiliser le DMP de manière plus large dans certaines filières de prise en charge telles que la cardiologie, la chirurgie ortho-traumatologique ou la gériatrie. Nous projetons enfin d’ouvrir la possibilité de créer son DMP dans les différents accueils de consultations externes de l’établissement.